Lettre dâun ancien Ă celle ou celui qui soutient tout le monde sauf soi-mĂȘme
Mon/ma cher(e),
Tu sais, jâai vĂ©cu assez longtemps pour reconnaĂźtre la douleur silencieuse qui se cache derriĂšre les sourires gĂ©nĂ©reux.
Je vois que tu passes ton temps Ă relever les autres.
Tu leur dis quâils vont sâen sortir, quâil faut tenir bon, que ça ira.
Et je sais aussi que, dans le secret, toi-mĂȘme tu tombes. Tu fatigues. Tu doutes.
Tu as cette force admirable dâĂȘtre un pilier pour tout le mondeâŠ
Mais à force de soutenir les autres, tu oublies que toi aussi, tu mérites une épaule.
Tu nâes pas hypocrite parce que tu encourages les autres tout en luttant intĂ©rieurement.
Tu es humain(e). Juste humain(e).
On peut croire Ă la lumiĂšre pour les autres et ĂȘtre soi-mĂȘme plongĂ© dans lâombre.
Laisse-moi te dire une chose que jâaurais aimĂ© entendre plus jeune :
Tu as le droit de ne pas aller bien.
Tu as le droit dâavoir besoin.
Tu as le droit dâĂȘtre celui ou celle quâon aide, parfois.
Il nây a pas de honte Ă tomber.
Ce nâest pas une faiblesse.
Câest une Ă©tape. Un appel.
Un signe quâil est temps de tâoccuper de toi, comme tu le fais pour les autres.
Tu nâes pas seul(e).
MĂȘme si tu as lâimpression de porter le monde sans quâon remarque ton fardeau.
MĂȘme si tu as lâimpression que personne ne voit ce quâil y a derriĂšre ton regard fatiguĂ©.
Alors aujourdâhui, juste pour un instant, dĂ©pose lâarmure.
Respire. Pleure si tu en as besoin.
Parle. Ou reste en silence.
Mais ne tâoublie plus.
Tu as encore tant Ă vivre.
Et non, tu nâas pas perdu le combat.
Tu es juste épuisé(e) de te battre seul(e).
Mais tu es lĂ .
Et ça, câest dĂ©jĂ une victoire.
Avec tout mon respect,
Et toute mon affection dâancien,
Quelquâun qui sait ce que câest que de porter un masque trop longtemps.
- Guido SAVERIO
- vivre avec guido
