Arrêter d’absorber l’énergie négative des autres, ce n’est pas devenir dur.
C’est devenir juste.
Juste avec vous-même.
Juste avec votre énergie.
Juste avec la vie.
Quand vous changez votre manière d’être à l’intérieur, le monde extérieur cesse de vous épuiser.
C’est là que commence la vraie liberté.
Nous avons tous déjà vécu cette situation : une conversation banale, une rencontre anodine, et soudain une fatigue étrange, une lourdeur émotionnelle, une irritation qui ne nous appartenait pas quelques minutes plus tôt. Comme si quelque chose s’était collé à nous. Ce phénomène est courant, mais il n’est ni une fatalité ni une preuve de faiblesse. Absorber l’énergie négative des autres est souvent le signe d’une grande sensibilité… mal protégée.
Comprendre ce qui se passe réellement
Lorsque quelqu’un se plaint, se met en colère ou exprime sa peur, il libère une charge émotionnelle. Si vous êtes attentif, empathique ou désireux d’aider, vous pouvez inconsciemment “ouvrir la porte” et laisser cette charge entrer en vous. Le problème n’est pas l’empathie, mais l’absence de frontière intérieure.
Imaginez que vos émotions soient votre maison. Accueillir quelqu’un ne signifie pas lui donner les clés ni le laisser salir toutes les pièces. Pourtant, c’est exactement ce que nous faisons lorsque nous absorbons les tensions des autres sans discernement.
Une métaphore parlante : l’éponge et le rocher
Beaucoup de personnes fonctionnent comme une éponge : elles absorbent tout, l’eau propre comme l’eau sale. Résultat : elles deviennent lourdes, saturées, et finissent par s’user.
D’autres fonctionnent comme un rocher dans une rivière. L’eau — calme ou agitée — passe autour d’eux, les touche parfois, mais ne les pénètre pas. Le rocher ne rejette pas la rivière, il ne la combat pas. Il est simplement solide dans sa position.
L’objectif n’est pas de devenir froid ou indifférent, mais de passer de l’éponge au rocher.
Exemple concret du quotidien
Sophie travaille dans un bureau où l’ambiance est souvent tendue. Chaque matin, une collègue arrive en se plaignant : surcharge de travail, problèmes personnels, injustice de la hiérarchie. Sophie écoute, soutient, compatit. À la fin de la journée, elle est épuisée, irritable, alors que sa propre journée s’était bien déroulée.
Un jour, Sophie décide de changer de posture intérieure. Elle écoute toujours, mais sans se sentir responsable. Elle se répète mentalement :
“Ce qu’elle ressent lui appartient. Je peux comprendre sans porter.”
Résultat ? Elle rentre chez elle avec son énergie intacte. Sa collègue ne change pas immédiatement, mais Sophie, elle, va mieux. Et c’est déjà une victoire.
Les signes que vous absorbez trop
- Fatigue soudaine après certaines interactions
- Humeurs qui changent sans raison personnelle
- Besoin de vous isoler après avoir “aidé” quelqu’un
- Impression de porter les problèmes du monde sur vos épaules
Ces signaux ne doivent pas être ignorés. Ils indiquent qu’il est temps de renforcer vos limites.
Comment arrêter concrètement
- Prenez conscience
Avant toute interaction, demandez-vous : “Comment je me sens là, maintenant ?” Après, reposez-vous la question. Cette simple comparaison est révélatrice. - Distinguez compassion et fusion
Aider ne signifie pas souffrir à la place de l’autre. Vous pouvez tendre la main sans tomber dans le trou avec lui. - Utilisez une image mentale
Visualisez une bulle, un manteau, une vitre transparente autour de vous. Les mots et émotions passent, mais ne s’accrochent pas. - Autorisez-vous à dire non
Non à certaines conversations, non à certains moments, non à certaines personnes quand vous êtes déjà fatigué. - Nettoyez votre énergie
Marche, respiration, silence, écriture, nature : trouvez votre rituel de “décompression” après des échanges lourds.
En conclusion
Vous n’êtes pas obligé de porter ce qui ne vous appartient pas. Protéger votre énergie n’est ni égoïste ni cruel : c’est un acte de respect envers vous-même. Plus vous êtes stable intérieurement, plus votre aide devient juste, claire et efficace.
Rappelez-vous : soyez le rocher, pas l’éponge.
Guido SAVERIO
